J’ai envie d’une cigarette

 

J’ai envie de fumer une cigarette. Et pour m’occuper et essayer d’annuler cette envie, j’écris. Cela m’occupera l’esprit. Enfin non ça ne m’occupera pas l’esprit étant donné que je vais parler de cette envie, mais en tout cas cela va m’occuper et m’empêcher de faire n’importe quoi.

 

Prêt à tout pour une cigarette … ou presque

 

Comme par exemple aller frapper à la porte de ma voisine pour lui demander une cigarette. Hé oui, j’ai fait ça !! je ne le regrette pas, car avant de l’avoir fait je me suis demandée si j’étais bien certaine de mon acte. Par chance, on dira ça comme ça ; elle n’était pas là.

Je rentre chez moi, avec limite du mal à respirer tant mon envie augmentait. C’est dingue comme à des moments comme ça on fait n’importe quoi sous le coup de l’impulsion.

Il y a quelques années, j’avais fait la plus grande bêtise. (J’avais arrêté de fumer pendant plus de 6 mois). J’étais  sorti carrément de chez moi en stresse, pour aller acheter un paquet en pleine soirée/nuit. J’ai tellement regretté cette action, que ce soir j’y ai repensé.

Je me suis dit, veux-tu re culpabiliser comme l’autre fois ? Cette fois que tu as tant regretté. Qu’après cette fois-là tu t’en es voulu, tu as même été triste et déçu de toi !! Non je me refuse de vouloir avoir cette sensation !

Du coup, j’ai voulu reprendre le livre (celui qui m’avait aidé a arrêter) pour lire quelques pages qui me feront du bien. D’ailleurs je l’ai sorti il y a quelques jours pour le relire car je pensais beaucoup à la cigarette. Je pense définitivement que je vais relire quelque page.

 

En toute franchise, j’ai re fumer il y a un peu plus d’une semaine pendant un peu plus de 24h. C’était 24 heures de trop peut-être. Je ne sais pas. Je ne le pense pas, enfin si peut-être.

 

Je m’explique. Je disais donc que cela faisait quelques jours pour ne pas dire plusieurs semaines que je repensais à la cigarette. Je me revois dire à un ami :

« si je fume à nouveau je serais déçu de moi »

Je le pense toujours. Si je fume à nouveau je serai vraiment déçu de moi.

 

Mais la semaine dernière, je ne regrette pas du tout d’avoir fumé. Et pour rester honnête, je savais que je fumerais. C’était une parenthèse pour moi. Non pas une parenthèse de l’arrêt du tabac, mais une parenthèse vital.

Le mot est fort et dénué de sens sans explication. C’est pourquoi je vais m’expliquer à ce sujet, ensuite revenir sur le sujet principal de la cigarette. Je ne parle pas de ma vie privée. En revanche je dois tout de même donner quelques informations la concernant pour pouvoir comprendre « la parenthèse vital ».

Ma parenthèse

Ces deux années ont été chargée en rebondissement et uniques. J’ai été confronté à des situations très délicates, pénibles, violentes et difficiles à vivre. Heureusement pour moi, j’ai aussi eu de beaux moments. Ces moments positifs m’ont aidé aller de l’avant. Mon entourage. Ma force caractère aussi m’a beaucoup aidé. Et la promesse aussi que je m’étais faite il y a quelque temps.

Cette promesse était que j’ai droit au bonheur et que je ne dois pas me laisser tirer vers le bas par quoique ce soit et qui que ce soit. J’ai pour habitude (comme un code d’honneur) de tenir mes promesses. Il n’y a que comme cela que j’ai la garantie de faire les choses. Du coup grâce à cela, j’ai réussi à tenir la tête au-dessus de l’eau.

 

OK et la cigarette dans tout ça ?

Justement j’en viens. Durant ces moments terribles, pas une seule fois j’ai fumé. Il m’était arrivé une fois (mais vraiment qu’une fois) de me demander «  et si je fumais ». Immédiatement j’ai enlevé cette pensée de ma tête. Elle n’avait pas à prendre place. En plus de ça, à ce moment-là j’étais tellement pas bien que je m’étais même demandé pourquoi je pensais à la cigarette alors que je n’avais pas envie de fumer.  (C’est quand même une merde cette dépendance, p’tite picouse de la dépendance, « tu vas te sentir mieux après cette cigarette » Mais FERME LA et surtout ne dit pas n’importe quoi !!!)

 

Pour en revenir à la « parenthèse ». j’ai voulu à ce moment-là, lâcher prise. Sans aucun tabou, sans aucun remord, sans aucune prise de conscience et surtout me faire la promesse que c’était qu’une parenthèse. Et ne plus penser à quoique ce soit et surtout pas à mes peines, mes déceptions, et toutes ses larmes versées sur mon visage.

J’ai réellement voulu occulter cela pendant ce lapse de temps. D’où cette volonté de fumer. J’aurais très bien pu passer aussi ces 24 heures sans fumer. En effet, j’ai bien réussi à avancer pendant près de 1 ans et 5 mois sans cigarette. J’ai passé d’agréables moments sans cette drogue. Pourquoi le faire alors? Je n’ai pas forcement la réponse.

Certes ! Mais là je souhaitais sortir de cette bulle de promesses, de droiture, de bon comportement, d’assiduité et de toutes choses qui me reliées à mes obligations.

C’est pour cela que je ne regrette pas ces cigarettes fumées. Mon acte était réfléchi et non sous le manque de nicotine physique et ou cérébrale.

 

Et ce soir…

Par contre, ce soir, c’est spontané ! J’ai envie de fumer. Beaucoup moins après avoir écris ces lignes.

Heureusement que ma voisine n’a pas répondu (je ne sais même pas à vrai dire si elle est bien chez elle). Ce soir j’aurai été déçu de moi. Ce soir j’aurais réellement craqué. Ce soir, finalement, je suis « fière » de moi. Fière car j’aurai pu avoir des cigarettes autrement (que ma voisine, d’ailleurs je ne sais même pas si elle fume).

Ce soir j’aurais vraiment pu fumer. Ce soir, j’aurais aussi pu trahir ma promesse. Ce soir j’aurais remis les compteurs à zéro et ça aurait été tellement dommage.

Et si ce soir, j’avais fumé…

Cela n’aurait pas été dramatique. J’ai l’impression de dire cela avec tellement d’aisance et de détachement. Mon envie s’est dissipée certainement. Je me sens plus légère. Je respire même mieux. Le stresse du manque est parti. Ouf!

 

Si ce soir j’avais fumé. Je me serais mal senti après.

A mon sens, l’attitude à avoir, c’est de :

– se rendre compte d’avoir fumé et pas le nier

– d’être honnête avec soi-même

– se demander réellement si cette cigarette a REELLEMENT annulé la source de cette envie (contrariété, solitude, ennuie etc.)

– de se demander si elle valait vraiment le coup.

 

Bilan

Suite à cette remise en question, en aucun cas mais vraiment en aucun, il ne faut s’apitoyer. C’est le schéma à coup sur qui fait qu’on en refume une autre.

On se dit : bon aller foutu pour foutu tant pis…

Certainement pas !!

Nous ne sommes pas foutus après une cigarette. Nous sommes seulement drogués et dépendant conscient de cela et volontaire pour réussir.

1 jour sans tabac est une victoire, 1 semaine, 1 mois, 3 mois, 6 mois, 1 ans, 1 an et 5, 6, 7, 8, 9…mois sont des victoires sur cette putain de dépendance. Alors en aucun cas il ne faut se dévaloriser et arrêter l’arrêt pour autant.

Si ce soir j’ai eu envie de fumer, c’est parce que la parenthèse à eu des conséquences sur mon corps et sur mon mentale (malheureusement faut que je me l’avoue).

Pour moi, la nicotine a eu le même effet qu’un vaccin si je peux me faire comprendre ainsi. Il suffit au corps d’une piqûre pour lui faire un rappel de manque.

J’ai certainement joué avec le feu. Toujours est-il que je me suis posée les questions du dessus.

J’en ai conclu, que je ne souhaite pas du tout reprendre cette cigarette. Et que ma promesse tiens toujours. Je suis une accro dépendant qui sais gérer sa dépendance à la nicotine. Et que tant que je me rends à l’évidence que je suis droguée et que la cigarette ne résout aucun de mes problèmes et ne comble AUCUN manque, je n’ai rien à voir avec elle !!!

Au revoir cigarette ! Au revoir manque. Je remets et referme ce manque, ce petit monstre, dans cette minuscule boîte dans l’obscurité la plus totale pour ne pas à avoir allé la chercher !

Je n’ai plus envie de fumer.

J'ai envie de fumer. adias.b

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